Une rencontre historique sur fond de tensions mondiales
Donald Trump s’est rendu à Pékin pour une rencontre avec Xi Jinping, premier déplacement d’un président américain en Chine depuis 2017. Au cœur des discussions : la guerre au Moyen-Orient (notamment en Iran), les tensions commerciales et l’affrontement technologique. Pour Hervé Juvin, essayiste et ancien député européen, cette séquence illustre un basculement majeur du rapport de forces mondial en faveur de Pékin.
L’économie réelle contre la finance
Hervé Juvin insiste sur « l’épreuve du réel » : les guerres se gagnent non pas avec de l’argent, mais avec de l’industrie, des capacités de production, des ressources et des hommes.
Selon lui, la Chine a dépassé les États-Unis et l’Union européenne réunis en économie réelle depuis 3 à 4 ans :
- Production d’électricité : 3 fois supérieure à celle des États-Unis.
- Réseau ferroviaire à grande vitesse : plus de 50.000 km (plus que le reste de la planète).
- Production industrielle globale largement supérieure.
Les économies occidentales, dominées par la finance, exigent des rendements (15-25 %) incompatibles avec les réalités industrielles (3-8 % pour des PME familiales stables). Résultat : délocalisations, perte de compétences et pénuries (munitions en Ukraine, etc.). La Chine, elle, maintient le pouvoir politique au-dessus des affaires : Jack Ma, fondateur d’Alibaba, en a fait l’expérience lorsqu’il a critiqué publiquement les régulateurs chinois en 2020 : son empire a été brutalement rappelé à l’ordre, avec l’annulation de la plus grande introduction en bourse de l’histoire et une mise à l’écart temporaire.
La guerre en Iran : la Chine à l’abri
Malgré le blocage du détroit d’Ormuz, la Chine ne montre aucun signe de vulnérabilité :
- Réserves stratégiques d’énergie (plus d’un an d’autonomie).
- Développement massif des renouvelables et du nucléaire.
- Approvisionnements alternatifs via la Russie.
Hervé Juvin estime que Trump a sous-estimé la résilience du régime iranien (culture du sacrifice, adaptation aux sanctions de longue date) et que la Chine se positionne en « acteur de stabilité » et de « prospérité collective », notamment en Afrique et en Asie, face à une Amérique perçue comme « l’empire du chaos ».
Dédollarisation et dette : le temps joue pour Pékin
La Chine avance prudemment sur la dédollarisation (via les BRICS et l’Organisation de Shanghai –OCS-) sans vouloir provoquer une guerre. Les stratèges chinois savent que les États-Unis ne peuvent perdre 30 % de leur richesse sans réaction violente.
Les marchés obligataires occidentaux tremblent (dette américaine à 40.000 milliards de dollars, dette française en forte hausse). Hervé Juvin met en garde contre les obligations à long terme et recommande de s’orienter vers l’Asie : yuan sous-évalué (+20 % attendu), entreprises chinoises sous-cotées.
Une vision du monde clivée
- Chine : puissance bienveillante, coopération, écologie, classe moyenne en expansion (objectif 800 millions de Chinois « moyennement aisés » d’ici 2049).
- Occident : dominé par la finance, les peurs fabriquées (pandémies, guerre) et l’oubli des problèmes structurels (dette, désindustrialisation).
Hervé Juvin doute de la solidité à long terme des BRICS en raison des divergences civilisationnelles, tout en reconnaissant le poids croissant de l’Asie.
Perspective française
À moins d’un an de la présidentielle, Hervé Juvin insiste sur deux clés : redonner l’espoir et restaurer la confiance.
Les Français manquent cruellement d’un projet collectif crédible dans un monde où le centre de gravité économique se déplace vers l’Asie.
Pour Hervé Juvin, l’Occident paie aujourd’hui des décennies de domination de la finance sur l’industrie. La rencontre Trump-Xi confirme que le temps long, la production réelle et la stabilité politique sont en train de l’emporter.


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