ZFE : une décision qui fait grincer des dents et relance le bras de fer entre le peuple et les institutions

ZFE : une décision qui fait grincer des dents et relance le bras de fer entre le peuple et les institutions

Alexandre Jardin dénonce un pouvoir qui « fait n’importe quoi »

L’écrivain Alexandre Jardin n’a pas mâché ses mots, jeudi 21 mai 2026, sur le plateau de CNews :

« Ces gens sont en train de faire n’importe quoi avec la nation. »

Sa réaction, vive et sans filtre, intervient après la décision du Conseil constitutionnel de censurer l’abrogation des Zones à Faibles Émissions (ZFE) votée par l’Assemblée nationale. Ce coup de théâtre remet en selle une mesure qui avait pourtant été balayée par une mobilisation populaire sans précédent. Pour beaucoup de Français, c’est bien plus qu’une simple affaire technique : c’est le symptôme d’un divorce profond entre les élites et la réalité du terrain.

Les ZFE : une exclusion sociale massive déguisée en écologie

Rappelons les faits. Les ZFE, ces périmètres urbains interdisant progressivement les véhicules les plus anciens (Crit’Air 3, 4 et 5), avaient été imposées dans des dizaines de métropoles pour prétendument améliorer la qualité de l’air.

Objectif affiché : lutter contre la pollution.

Réalité vécue : une exclusion sociale massive. On parle ici de 11 millions de voitures et de 22 à 26 millions de Français concernés – artisans, ouvriers, ruraux, travailleurs de nuit, familles modestes qui n’ont tout simplement pas les moyens de remplacer leur véhicule du jour au lendemain.

Dans une France où la voiture reste, pour huit personnes sur dix, l’unique moyen d’aller travailler, de consulter un médecin ou de faire ses courses, ces zones sont rapidement devenues des « zones à forte exclusion ».

Une mobilisation exemplaire qui fait plier l’Assemblée

Le mouvement de contestation, né fin 2024 sous le hashtag #Gueux, a été exemplaire. Parti d’un coup de gueule viral sur les réseaux sociaux, il a su fédérer au-delà des clivages politiques : maires de terrain, commerçants, motards, forains, élus locaux. Des sondages indépendants ont révélé un rejet massif – près de 80 % des Français, y compris chez les sympathisants de la majorité présidentielle. Des manifestations pacifiques, des courriers aux parlementaires, une présence médiatique tenace : la pression populaire a fini par faire plier l’hémicycle. Au printemps 2025, dans le cadre d’une loi de simplification, une majorité transpartisane (droite, une partie de la gauche, macronistes inclus) a voté l’abrogation pure et simple des ZFE. Une première victoire historique pour la France périphérique.

Le Conseil constitutionnel retoque l’abrogation : les ZFE sont de retour

Mais voilà que le Conseil constitutionnel, neuf sages non élus et nommés par le pouvoir, vient de retoquer cette décision au motif d’un « cavalier législatif ». Résultat : les ZFE sont de retour. Pour les opposants, c’est une nouvelle illustration d’une démocratie à deux vitesses :

le peuple et ses représentants votent, une instance technocratique annule.

Le parallèle avec la limitation à 80 km/h sur les routes départementales est saisissant. Imposée en 2018 au nom de la sécurité, cette mesure a été un échec cuisant sur le terrain. Aujourd’hui, plus de la moitié des départements ont rétabli le 90 km/h.

La voiture, vache à lait éternelle des gouvernements français

Et pourtant, la voiture continue d’être traitée comme une vache à lait éternelle : taxes sur les carburants (TICPE et TVA représentant des dizaines de milliards d’euros chaque année), malus CO₂, contrôles techniques durcis, radars… L’automobiliste finance, pendant que les alternatives (transports en commun, trains de proximité) restent inexistantes dans la majeure partie du territoire.

Derrière les ZFE, l’empreinte des injonctions supranationales

Derrière ces politiques, beaucoup y voient l’empreinte d’injonctions supranationales.

Les normes européennes sur la qualité de l’air servent de prétexte à une écologie punitive qui ignore les réalités françaises :

la pollution automobile ne représente qu’une part minoritaire des particules fines, et les critères Crit’Air se basent davantage sur l’âge du véhicule que sur ses émissions réelles. Le résultat ? Une fracture territoriale et sociale qui s’aggrave, au moment même où le pouvoir d’achat est déjà sous pression.

Une décision qui relance le débat sur la souveraineté nationale

La décision du Conseil constitutionnel relance le débat sur la souveraineté nationale et la légitimité des institutions. Faut-il dissoudre ces instances qui semblent parfois plus soucieuses de formes juridiques que de la volonté populaire ? Le mouvement des Gueux, loin de s’essouffler, annonce déjà la poursuite de la lutte : désobéissance civile, pressions sur les élus locaux, extension à d’autres mesures jugées injustes (DPE, fiscalité énergétique). Alexandre Jardin l’avait dit :

les cyniques qui pensaient que le peuple allait se fatiguer se trompent.

Le peuple n’a pas dit son dernier mot

Cette affaire des ZFE n’est pas qu’une question de circulation.

Elle révèle un malaise plus profond : celui d’une nation où l’on taxe et restreint sans cesse la mobilité quotidienne des plus modestes, tout en leur promettant une transition écologique qu’ils ne peuvent financer.

Le rétablissement des ZFE risque de raviver les colères. Les gouvernants feraient bien d’écouter, avant que la prochaine vague ne soit encore plus forte. La voiture n’est pas un luxe. Pour des millions de Français, c’est une nécessité vitale. Et le peuple, lui, n’a pas dit son dernier mot.

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