Dans une discussion captivante diffusée sur YouTube, le professeur Jiang Xueqin, expert en géopolitique reconnu pour ses prédictions précises basées sur la théorie des jeux et les schémas historiques, partage ses perspectives sur l’année 2026. Jiang Xueqin analyse les dynamiques mondiales actuelles, en se focalisant sur l’intérêt personnel des acteurs plutôt que sur l’idéologie. De la visite d’État de Donald Trump en Chine en avril à la vulnérabilité économique des États-Unis, en passant par la crise en Europe et les interventions militaires américaines, ses prévisions dépeignent un monde au bord d’un équilibre précaire. Voici une synthèse des points clés, inspirée de cette entrevue.
La théorie des jeux au cœur des prévisions
Le professeur Jiang Xueqin explique que ses analyses reposent sur la théorie des jeux, où les nations agissent comme des joueurs rationnels cherchant à maximiser leurs intérêts. « Je ne me concentre pas vraiment sur l’idéologie, je me focalise principalement sur l’intérêt personnel », affirme-t-il. Cette approche l’a conduit à prédire avec succès des événements majeurs, comme l’élection de Donald Trump ou l’invasion de l’Iran. Pour 2026, il identifie la relation USA-Chine comme le pivot central, reléguant la guerre en Ukraine à un statut « stabilisé » et prévisible.
Le grand jeu USA-Chine : vers un accord en avril ?
Le point culminant de 2026, selon Jiang Xueqin, sera la visite d’État de Trump en Chine en avril prochain, sa première depuis son retour au pouvoir. Trump vise un « grand accord » pour forcer la Chine à soutenir le dollar américain, en écho aux stratégies de Nixon en 1971 : l’établissement du pétrodollar et l’ouverture de la Chine. « Trump veut forcer la Chine à continuer d’acheter des dollars américains », explique Jiang Xueqin, soulignant que
la Chine, inquiète de la stabilité du dollar depuis 2008, cherche à internationaliser le yuan via des initiatives comme la Bourse de l’or de Shanghai.
Les interventions américaines, comme l’invasion du Venezuela, visent à étrangler l’économie chinoise en contrôlant les ressources clés (pétrole, or, lithium, cuivre). « Trump mène toutes ses guerres à travers le monde pour étouffer l’économie chinoise », note Jiang Xueqin. Cependant, cette stratégie coercitive pourrait backfirer : la Chine pourrait se tourner vers la Russie pour son énergie, bien que limitée par des contraintes logistiques (construction d’oléoducs coûteux). Jiang Xueqin utilise une métaphore poignante :
« Imaginez une échelle au-dessus d’un abîme. Les États-Unis insistent pour être plus haut que la Chine, mais si l’un dépasse l’autre, ils tombent tous deux. »
Malgré les tensions, Jiang Xueqin parie sur un compromis en avril, où la Chine diversifierait ses sources énergétiques (50 % USA, 50 % Russie) pour éviter une dépendance excessive. Ce « grand compromis » ne résoudrait pas les problèmes sous-jacents, mais stabiliserait temporairement les relations. Il met en garde contre l’arrogance américaine : « Si les États-Unis traitaient la Chine avec respect, comme une nation souveraine, nous n’aurions aucun problème. »
Les faiblesses économiques des États-Unis : vers une crise majeure ?
Jiang Xueqin pointe du doigt les vulnérabilités de l’économie américaine, potentiellement menant à une crise en 2026.
Trois piliers fragiles : la bulle de l’IA, la surfinanciarisation et les cryptomonnaies.
« La croissance du PIB américain est tirée par les investissements dans l’IA, mais on ne sait pas si cela sera rentable », dit-il, citant Michael Burry (prédicteur de la crise de 2008) qui a abandonné ses paris contre l’IA, réalisant que « l’ensemble du système financier américain n’a plus aucun sens ». Contrôlé par des oligarques, le marché ignore les fondamentaux.
La surfinanciarisation est illustrée par la flambée des prix de l’argent après les restrictions chinoises : « Aux États-Unis, l’argent est utilisé pour la spéculation, pas pour la production. » Les ratios d’endettement (300:1 chez JP Morgan) signalent une « immense pyramide de Ponzi ». Enfin, les cryptos comme le Bitcoin sont pure spéculation sans valeur sociétale. Malgré l’assouplissement quantitatif et l’absence de concurrent au dollar, une implosion pourrait mener à une « guerre civile en Amérique ».
l’Europe et l’Ukraine : une marche vers la catastrophe
La guerre en Ukraine est « stabilisée » pour Jiang Xueqin, mais l’Europe s’engage dans une remilitarisation irrationnelle contre la Russie.
« L’Europe va se militariser contre la Russie, même si c’est contraire aux intérêts de sa population », prédit-il, citant des manifestations en Allemagne.
Les élites européennes vivent dans une « bulle » où elles croient à un effondrement imminent de la Russie, refusant d’admettre des erreurs comme l’extension de l’OTAN ou le sabotage de Nord Stream.
Odessa pourrait marquer la fin : « L’OTAN s’effondrera à Odessa parce qu’elle s’engagera à défendre la ville, la Russie l’encerclera, et les Européens refuseront d’être enrôlés. » Sur 5-10 ans, cela mènerait à des guerres civiles en Europe. Trump, qui « déteste l’Europe » depuis 2016, pousse l’OTAN vers l’effondrement, voyant l’Europe comme « paresseuse et corrompue ». L’autonomie stratégique européenne reste un slogan vide, affaiblie par le multiculturalisme et l’idéologie « woke » qui minent la cohésion nationale.
Interventions américaines : du Venezuela à l’Iran, un empire en déclin
L’enlèvement de Maduro au Venezuela n’est pas pour le pétrole, mais pour « contrarier la Chine », selon Jiang Xueqin. En détruisant le monument à Hugo Chávez, Trump a humilié le peuple vénézuélien, semant les graines d’une résistance sud-américaine. « C’est du micromilitarisme, un signe d’empire en déclin », compare-t-il à Emmanuel Todd. Trump, vu comme un « parrain de la mafia », priorise l’apparence télévisuelle sur la stratégie, risquant de surmener les USA.
Pour l’Iran, une invasion terrestre est probable, mais pas en 2026 : Trump maximise les bénéfices (dons d’Adelson, Musk) avant d’agir. « Les faits n’ont aucune importance pour Trump ; son cerveau est un téléviseur. » En Afrique et en Asie (rivalité Chine-Japon sur Taïwan), les tensions s’intensifieront, tout convergeant vers avril.
Réflexions finales : un monde piétiné par les éléphants
Jiang Xueqin conclut sur une note pessimiste : « Quand les éléphants se battent, l’herbe est piétinée. Mais quand les éléphants s’aiment, elle est aussi écrasée. » Un accord USA-Chine en avril pourrait apaiser temporairement, mais l’empire américain, miné par l’arrogance et le déclin, est « condamné ». L’année 2026 sera marquée par une intensification des conflits en Amérique latine, Afrique et Asie, avec l’Iran comme objectif final.
Cette analyse, tirée de l’entrevue du professeur Jiang Xueqin, met en lumière un monde multipolaire instable, où l’intérêt personnel prime sur la rationalité collective.


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