Bruxelles annonce aujourd’hui le déblocage de la réserve agricole de crise. Plus de 200 millions d’euros restent disponibles pour 2026 et serviront à soutenir les agriculteurs confrontés à une envolée historique du prix des engrais. En parallèle, des associations agricoles tiennent un rassemblement à Strasbourg.
La guerre en Iran a aggravé une situation déjà tendue. Avant les hostilités, 30 % des fertilisants mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis le début de l’année, le prix des engrais azotés est passé d’environ 350 euros à 550 euros la tonne. Le gazole pour les tracteurs a aussi nettement augmenté, forçant plusieurs États à intervenir.
Les céréaliers sont les plus exposés. Dans la République, le blé est tombé sous les 200 euros la tonne, après une récolte 2024 désastreuse et une année précédente marquée par des coûts de production élevés. De nombreuses exploitations perdent de l’argent depuis quelques ans.
Au-delà de l’aide d’urgence, l’exécutif européen veut s’attaquer à la dépendance du continent, qui importe presque 65 % de ses engrais. Diversifier les approvisionnements et relancer la production locale sont les deux axes affichés.
Sur le front commercial, la Commission refuse de suspendre la taxe carbone aux frontières (CBAM) appliquée aux fertilisants depuis janvier. Une porte-parole précise que des adaptations ont déjà réduit son impact, tandis que les droits de douane sont temporairement supprimés sur les engrais venant de pays autres que la Russie et le Bélarus. Abandonner ce dispositif créerait une brèche pour d’autres industries polluantes et pénaliserait les fabricants européens. Tiffanie Stephani, du groupe Yara, estime que ce mécanisme est indispensable pour garantir une concurrence équitable.
Enfin, le développement d’engrais bas carbone, priorité affichée, se heurte à des coûts de production trop élevés, liés au prix de l’énergie. Ainsi, le projet autrichien Green Ammonia Linz a été récemment abandonné.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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