Londres, 25 février 2026 – Dès aujourd’hui, le Royaume-Uni applique strictement une nouvelle mesure qui marque une étape supplémentaire dans le renforcement de ses frontières.
L’ETA devient obligatoire pour 85 nationalités
L’Electronic Travel Authorisation (ETA) est désormais exigée pour tous les visiteurs provenant de 85 pays, dont l’ensemble des États membres de l’Union européenne (sauf l’Irlande), les États-Unis, le Canada, l’Australie, le Japon, la Corée du Sud et bien d’autres.
Finie la période de tolérance instaurée en avril 2025. Sans cette autorisation électronique préalable, les compagnies aériennes, les opérateurs ferroviaires (Eurostar) et les compagnies maritimes refuseront purement et simplement l’embarquement.
Coût : 16 £ (environ 19 €)
Validité : 2 ans ou jusqu’à expiration du passeport
Séjours concernés : tourisme, famille, affaires de moins de 6 mois
Délai : demande en ligne ou via l’application officielle UK ETA (réponse souvent en quelques minutes).
Le contrôle des frontières, promesse tenue de Keir Starmer
Pour le Premier ministre travailliste, cette mise en œuvre concrète est la traduction directe d’une promesse de campagne : reprendre le contrôle des frontières après le Brexit.
Le Home Office martèle la formule : « No permission, no travel » (« Pas d’autorisation, pas de voyage »). Près de 20 millions d’ETA ont déjà été délivrées depuis le lancement progressif du système. Avec l’application totale à partir d’aujourd’hui, ce sont des millions de voyageurs européens et nord-américains qui sont désormais concernés.
En parallèle, un soutien sans faille à l’entrée de l’Ukraine dans l’UE
Pourtant, au même moment, Keir Starmer se montre très favorable à l’ouverture d’une autre porte : celle de l’Ukraine vers l’Union européenne.
Le 24 février 2026, à l’occasion du quatrième anniversaire de la guerre russo-ukrainienne, il a co-présidé avec Emmanuel Macron et Friedrich Merz la réunion de la « Coalition of the Willing ». Dans le communiqué final, les dirigeants ont réaffirmé leur soutien total à l’Ukraine « qui se bat pour sa souveraineté et pour défendre la liberté de l’Europe ».
Starmer lie explicitement la résistance ukrainienne à l’avenir de l’Europe : « Cette guerre pose la question de savoir si la liberté ukrainienne et européenne perdurera. » Le Royaume-Uni, bien que sorti de l’UE, apporte un soutien politique constant à la candidature ukrainienne – une position inchangée depuis 2022, sous les conservateurs comme sous les travaillistes.
Un contraste saisissant
D’un côté, un Royaume-Uni qui resserre les mailles de son filet migratoire et impose une autorisation préalable même pour un simple week-end à Londres.
De l’autre, un Premier ministre qui encourage l’ancrage définitif de l’Ukraine dans le projet européen, avec tout ce que cela implique à terme de libre circulation pour les citoyens ukrainiens au sein des 27.
Pour les observateurs, cette dualité reflète la ligne rouge de Starmer : contrôle strict de l’immigration vers le Royaume-Uni post-Brexit, mais engagement géopolitique sans faille aux côtés de l’Europe continentale face à la Russie. Une façon, pour Londres, de rester influent sur le continent sans en faire partie (comme ils l’avaient déjà fait en adhérant à l’UE sans en prendre sa monnaie commune).
Les voyageurs français, allemands ou américains sont donc prévenus : avant de prendre l’Eurostar ou un vol vers Heathrow, pensez à votre ETA. Pendant ce temps, à Bruxelles et à Kiev, on discute déjà des prochaines étapes de l’élargissement européen. Deux visions d’une Europe « protégée », mais pas tout à fait la même.


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