L’Ukraine, le conflit oublié
Depuis le 28 février 2026 et le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient entre les États-Unis, Israël et l’Iran, le conflit en Ukraine a brutalement disparu des radars médiatiques internationaux. Alors que les pourparlers de paix sont interrompus depuis février, ce silence médiatique constitue un véritable coup dur pour Volodymyr Zelensky, qui peine à maintenir l’attention sur son pays.
Une guerre reléguée au second plan
Dans un contexte dominé par la crise au Proche et Moyen-Orient, le conflit à l’est de l’Europe, pourtant toujours actif et meurtrier, est devenu « le conflit dont plus personne ne parle ». Des hommes continuent pourtant de perdre la vie chaque jour dans une guerre fratricide que beaucoup estiment avoir pu être évitée. Face à cet oubli médiatique, le président ukrainien cherche activement à reprendre la main.
Une stratégie centrée sur l’énergie
Pour Volodymyr Zelensky, l’équation est claire : il faut s’imposer dans le débat mondial via la crise énergétique.
Kiev a donc multiplié ces dernières semaines les frappes de drones sur les infrastructures énergétiques russes. Raffineries, terminaux d’exportation, ports pétroliers, dépôts de stockage et pipelines ont été visés à plusieurs reprises.
L’objectif affiché est limpide : réduire les revenus pétroliers de Moscou afin de limiter son effort de guerre. Selon les informations disponibles, la production de pétrole russe aurait été significativement affectée ce mois-ci, avec environ 20 % des installations actuellement impactées par ces frappes.
Une crise qui s’ajoute à la paralysie du détroit d’Ormuz
Cette campagne ukrainienne intervient au pire moment pour les marchés mondiaux. Elle vient s’ajouter à la crise provoquée par le blocage du détroit d’Ormuz, qui a déjà fait flamber les cours du pétrole, stabilisés depuis plusieurs jours au-dessus des 110 dollars le baril. Cette double tension énergétique accentue la pression sur les économies occidentales, déjà soumises aux sanctions contre la Russie mises en place depuis le début de la guerre en Ukraine.
L’assouplissement des sanctions américaines, une déception pour Kiev
Dans ce contexte de flambée des prix, Donald Trump a récemment décidé d’assouplir temporairement les sanctions sur le pétrole russe. Une mesure destinée à soulager les marchés, mais qui constitue un revers majeur pour Volodymyr Zelensky. Pour le président ukrainien, chaque dollar issu des exportations russes ne fait que renforcer la capacité de Moscou à poursuivre les combats.
Un effet boomerang possible pour l’Europe
Pourtant, cette stratégie de Kiev pourrait se retourner contre elle. En aggravant la crise énergétique globale, l’Ukraine risque d’acculer les économies européennes à rouvrir progressivement le robinet russe pour assurer leur approvisionnement. Une telle évolution aurait pour effet de réchauffer, de facto, les relations diplomatiques entre l’Europe et Moscou – un scénario que Zelensky cherche précisément à éviter.
Alors que les pourparlers restent bloqués et que l’attention internationale est ailleurs, Volodymyr Zelensky joue une carte risquée : transformer la crise énergétique en levier pour contraindre l’Occident à maintenir, voire à renforcer, son soutien à l’Ukraine. L’avenir dira si cette tactique portera ses fruits ou si elle ne fera qu’isoler davantage Kiev sur la scène internationale.


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