Quand les prix grimpent partout même les plus fervents défenseurs de la transition verte commencent à se demander s’ils ont encore les moyens de leurs convictions. Un sondage Odoxa pour AGIPI, Challenges et BFM Business ne laisse pas de place au doute : 61 % des Français estiment que, en période de crise, les responsables politiques devraient « avant tout s’occuper de l’économie et de l’emploi, et moins d’environnement ». Seuls 37 % pensent que les politiques de protection de l’environnement doivent rester prioritaires, « quel que soit le contexte ».
« Un retournement total de tendance par rapport à ce que nous enregistrions depuis cinq ans », prévient Gaël Sliman, président d’Odoxa.
Il y a encore quelques années, une majorité de Français soutenait la poursuite des politiques environnementales malgré la crise. Aujourd’hui, on retrouve un état d’esprit proche de celui de 2015, où déjà la croissance et l’emploi l’emportaient sur le climat. Seule différence : la part de ceux qui réclament une mise en pause de l’agenda vert est aujourd’hui nettement plus élevée.
À force de voir les factures exploser, nombre de citoyens, y compris parmi les plus engagés, se disent prêts à faire un pas de côté. Il n’est pas étonnant que la crise énergétique, nourrie par les tensions au Moyen‑Orient et les conséquences de la guerre en Ukraine, ait fini par faire une victime collatérale : l’urgence environnementale.
Selon le sondage, 50 % des Français placent le nuclaire en tête des sources d’énergie à privilégier, devançant le photovoltaïque de 9 points, un gain de 4 points en moins de quatre ans. L’éolien n’arrive qu’en troisième position. Depuis cinq ans, une majorité de Français refuse qu’une éolienne soit installée à proximité de chez eux, en particulier dans les petites villes et les zones rurales, directement concernées. Ils sont désormais 55 % à s’opposer à leur déploiement.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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