La qualification du Paris Saint‑Germain pour la finale de la Ligue des champions a été célébrée par des milliers de supporters… mais elle a aussi été suivie par une flambée de violences et de débordements qui ne passe plus inaperçue. Place de la Concorde, l’exposition Vivre ensemble de Yann Arthus‑Bertrand a été saccagée. À l’heure où de nombreux quartiers parisiens connaissent des épisodes répétés de violences, braquages et incivilités, l’installation d’une exposition aux accents moralisateurs au cœur de la capitale apparaît, pour beaucoup, comme une provocation symbolique envers la population française.
Bien sûr, certains pourront objecter que la destruction de l’exposition de Yann Arthus‑Bertrand n’a rien à voir avec la situation sécuritaire globale en France et qu’il ne s’agit, au pire, que de « dégâts collatéraux » liés à l’ivresse de la fête autour d’un match de football. Pour eux, les supporters du PSG auraient simplement emporté avec eux, dans leur débordement, une installation symbolique qui n’était pas faite pour résister à une foule surexcitée.
Que l’on comprenne ou non les débordements, la réaction du public ne tombe pas du ciel. Des images de panneaux renversés, de structures détruites, circulent sur les réseaux sociaux. Les organisateurs peuvent parler de « vandalisme », mais c’est de la frustration d’un peuple qui se sent stigmatisé, puis pris pour cible par des discours d’élites qui prêchent l’ouverture sans en assumer les conséquences.
Malgré le caractère provocateur et idéalisé de l’exposition Vivre ensemble, la réaction n’a pas été uniquement faite de violence et de démolition. Ce jeudi matin, alors que Yann Arthus‑Bertrand se résignait à voir son projet piétiné, une centaine de personnes sont venues spontanément sur la place de la Concorde pour l’aider à remonter les panneaux, rafistoler les structures et redonner forme à ce qui venait d’être détruit.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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