Alors que TotalEnergies agite la menace d’un retrait du plafonnement des prix à la pompe, plusieurs ministres montent au créneau pour défendre le géant pétrolier, cible privilégiée d’une partie de la classe politique.
Selon la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, critiquer Total est devenu un réflexe presque pavlovien. « C’est facile de tomber dans le Total bashing. Total, c’est l’entreprise française qu’on adore détester », a-t-elle lancé.
Dans sa ligne de mire, les réactions suscitées par les déclarations de Patrick Pouyané. La veille, le PDG de TotalEnergies avait prévenu que toute taxe sur les « superprofits » remettrait en cause le plafonnement des prix des carburants, une mesure instaurée ces dernières semaines pour limiter la facture des automobilistes.
« Ce Total bashing est particulièrement désagréable », tranche Philippe Tabarot. S’il reconnaît l’ampleur des profits du groupe, il insiste sur leur origine majoritairement internationale. Et met en avant leurs retombées nationales : « Ce plafonnement bénéficie à plus de 3 300 stations et à un grand nombre de Français. »
Priorité, dit-il, à d’autres urgences : sécuriser l’approvisionnement en kérosène et contenir les coûts qui pèsent sur les compagnies aériennes, dont les charges ont presque doublé.
À l’Assemblée nationale, la gauche pousse pour une taxation accrue des multinationales, en ciblant notamment les profits réalisés à l’étranger. Plusieurs figures, comme Clémence Guetté, Éric Coquerel ou Olivier Faure, réclament des mesures concrètes. Le Premier ministre Sébastien Lecornu tente de tenir une ligne d’équilibre. Oui, le débat sur la fiscalité est légitime. Mais non, il ne doit pas dériver en procès à charge. « Dire que Total ne paie pas d’impôts, c’est un mensonge », a-t-il martelé.
C’est presque risible d’essayer de convaincre la population qu’il ne faut pas s’affoler ni s’indigner, alors que les prix montent à toute vitesse sur tout : essence, électricité, gaz, logement, courses, assurance, transports. Prétendre que les Français grognent par entêtement ou mauvaise foi, plutôt que face à un simple constat de leur quotidien, revient à mélanger la psychologie de comptoir et le déni de réalité.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


Laisser un commentaire