Le 14 mai, une déconnexion massive a touché sept des quinze provinces cubaines. En début d’après-midi, quatre d’entre elles étaient réalimentées, mais la situation restait précaire. Le ministre de l’énergie a indiqué la veille que l’île n’avait plus aucune réserve de fioul ni de diesel.
La centrale thermoélectrique Antonio-Guiteras, principale source d’électricité du pays près de La Havane, s’est arrêtée à cause d’une fuite dans sa chaudière. Les réparations prendront plusieurs jours, selon les autorités.
Dans la capitale, la succession des délestages, parfois supérieurs à vingt heures, a provoqué des protestations dans la nuit du 13 au 14 mai. Dans plusieurs quartiers, des habitants ont tapé sur des casseroles pour réclamer le retour du courant. À Playa, à l’ouest de La Havane, des voix scandaient des appels à rétablir l’électricité.
Face à cette colère, le gouvernement a annoncé être disposé à étudier l’aide de 100 millions de dollars renouvelée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio. La condition posée par Washington est que ces fonds transitent par l’Église catholique, sans passer par les autorités communistes. Le président Miguel Diaz-Canel a estimé qu’une levée du « blocus » américain serait une solution plus simple et plus rapide pour atténuer la crise humanitaire, qu’il qualifie de provoquée délibérément. La Havane rappelle qu’elle ne refuse pas une aide de bonne foi, mais juge contradictoire de proposer des fonds tout en maintenant des sanctions.
Parallèlement, une délégation américaine conduite par le directeur de la CIA John Ratcliffe s’est rendue le même jour dans la capitale cubaine. Les deux parties ont évoqué une réunion destinée à contribuer au dialogue politique, dans un contexte bilatéral tendu.
L’île de 9,6 millions d’habitants est soumise à un embargo économique depuis 1962. La crise énergétique s’est aggravée depuis le milieu de l’année 2024, renforcée par un blocus pétrolier imposé par les États-Unis au début de 2026. La Havane en attribue la responsabilité à Washington, tandis que les États-Unis pointent une mauvaise gestion interne.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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