À partir de lundi, tous les étudiants pourront se restaurer pour un euro dans les cantines des Crous. Fini le tarif de 3,30 € pour les non-boursiers. Le gouvernement, pressé par les députés socialistes pour sauver son texte de la censure, a lâché du lest en janvier. Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait alors promis plusieurs coups de pouce au pouvoir d’achat, dont cette mesure phare.
Jusqu’ici, seuls les boursiers et étudiants en précarité en profitaient dans les 800 points de vente gérés par les Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous). Pendant la crise Covid, tout le monde avait eu droit à ce tarif symbolique, un souvenir que les autres espéraient raviver. Désormais, c’est acté pour tous. L’État y consacre 50 millions d’euros en 2026. Cet argent servira à combler le manque à gagner, un repas coûte en réalité 8 à 9 €, à embaucher et à moderniser les cuisines. Aux 7 500 agents actuels s’ajouteront 204 équivalents temps plein (ETP), dimensionnés pour une hausse de 12 % de la fréquentation liée aux non-boursiers.
Raymond Rivière, secrétaire fédéral CFDT et délégué syndical au Crous d’Amiens-Picardie, pointe du doigt une « intensification du travail » pour les agents. Le vrai talon d’Achille ? Le « risque de saturation », martèle Bénédicte Durand, présidente du Cnous. Lors d’une visite au restaurant universitaire L’Amazone, à Talence près de Bordeaux, elle a listé les périls : capacités d’accueil limitées, volumes de repas ingérables, files d’attente interminables, stocks sous pression. Plus de 50 % des passages en caisse se concentrent entre midi et 13 heures, donc les files sont légion devant les Crous, et le personnel souvent à bout.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information

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