Invité de l’émission Bistro Liberté, Juan Branco a exposé sans concession les raisons de sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 et les piliers de son projet politique.
Pour l’avocat et ancien proche de Wikileaks, l’heure est à la résistance active face à un système qui s’effondre.
« Toutes les forces politiques ont renoncé à leur position, notamment sur l’Union européenne, que ce soit le RN ou la France insoumise », a-t-il affirmé. Face à ce vide, il propose de redonner la parole au peuple via un référendum à six mois de l’élection pour décider du maintien ou non dans l’euro et l’UE, doublé de l’adoption du RIC (référendum d’initiative citoyenne), des mandats impératifs et révocatoires. « C’est la volonté de reprise de contrôle du peuple français sur sa souveraineté », a-t-il insisté, en sortant des « clivages artificiels » entretenus par les partis.
Un « coup d’État institutionnel » et un président « astre mort »
Emmanuel Macron est décrit en termes durs : « Il a commis ce que je considère être un coup d’État institutionnel en juillet 2024 avec la dissolution et surtout son refus d’en prendre acte. » Pour Branco, le chef de l’État est « un astre mort » qui, habité d’un « comportement morbide », veut « emporter avec lui le peuple français ». La candidature de Branco vise précisément à résister à cette trajectoire.
Mesures phares : souveraineté, simplification et lutte contre l’oligarchie
Le programme repose sur trois piliers immédiats :
- Redonner la parole : référendum sur l’Europe et RIC.
- Nettoyage de l’espace oligarchique : « Un nettoyage des médias pour que ce ne soit pas des milliardaires qui décident ce que les gens doivent savoir », et transparence totale sur les algorithmes des réseaux sociaux.
- Simplification radicale : suppression des 300 taxes et impôts qui coûtent plus cher à collecter qu’ils ne rapportent, renforcement des services publics de base (hôpitaux, sécurité), et reconquête de la souveraineté agricole. « Pour la première fois en 40 ans, nous basculons en situation de dépendance alimentaire », a-t-il alerté.
Il dénonce également le « pillage oligarchique » en cours avec le démantèlement annoncé de SFR : « Ils veulent réduire de 4 à 3 le nombre d’opérateurs pour faire augmenter les prix et enrichir Martin Bouygues, Xavier Niel et Patrick Drahi. » Une opération estimée à 20 milliards d’euros pour les acteurs et 100 milliards de commissions pour les banquiers – « la répétition de ce qui s’est passé avec Alstom ».
Médias et audiovisuel public : une maison qui a « largement dérivé »
Juan Branco plaide pour une remise à plat massive du secteur audiovisuel. Sur la commission d’enquête parlementaire menée par Charles Loncle, il exprime un désaccord de fond avec la ligne RN (suppression de France Télévisions) mais défend la nécessité de transparence : « Des centaines de millions d’euros d’argent public sont brûlés chaque année pour nourrir des petites chapelles. » Il regrette que la commission n’ait pas auditionné suffisamment de voix de gauche et insiste : le rapport ne doit pas devenir un outil d’instrumentalisation partisane.
Iran : la France doit se distancier, pas servir de « larbin »
Sur le Moyen-Orient, Juan Branco est catégorique. Les bombardements américains et israéliens visent selon lui non pas la chute d’un régime, mais le « démembrement de l’État iranien » dans le cadre d’un projet de « Grand Israël ». « Gaza est la première étape avant la Jordanie », a-t-il rappelé, déplorant l’absence de journalisme de qualité en France pour expliquer ces enjeux.
Il fustige la réaction d’Emmanuel Macron : au lieu de prendre ses distances après l’assassinat d’un chef d’État en exercice hors de tout cadre juridique international, le président a constitué une coalition avec Friedrich Merz et Keir Starmer pour condamner la riposte iranienne. « Il s’est comporté comme le larbin de monsieur Trump. À aucun moment les intérêts de la France ne sont défendus. »
Extrême gauche et affaire Quentin : « Jean-Luc Mélenchon assume une responsabilité politique et morale »
Sur la mort de Quentin à Lyon, Branco refuse toute instrumentalisation tout en pointant clairement les responsabilités : « Jean-Luc Mélenchon, en créant cette alliance entre une force de gouvernement et une forme de milice citoyenne d’extrême gauche qui n’a que la violence comme vecteur, assume une responsabilité politique et morale dans la mort de cet homme. »
Il récuse vigoureusement les accusations de « virage à droite » : dénoncer la violence de la Jeune Garde n’est pas devenir identitaire ou fasciste. « Dire cela m’a valu des attaques de personnes qui m’adoraient il y a quelques années. » Pour lui, légitimer ces violences mène le pays vers « une forme de guerre civile ».
Sa conception de la gauche : souveraineté et réindustrialisation, pas « gauche Zara »
Juan Branco se revendique toujours de gauche, mais d’une « vraie gauche » : celle qui défend le prolétariat, la réindustrialisation (le PIB manufacturier est passé de 25 % à moins de 10 %) et la fin de l’asservissement à l’Empire américain. Il critique la France insoumise comme une « gauche de la subvention », une « gauche Zara » qui endort le peuple sans toucher aux fondamentaux et instrumentalise les questions sociétales (genre, identité) pour masquer son renoncement économique.
« La gauche s’est convertie au capitalisme et au consumérisme », regrette-t-il. Son combat prioritaire : la « purgation de l’espace oligarchique » et la reprise de souveraineté. « La priorité aujourd’hui n’est pas la guerre horizontale entre Français, mais de constituer un peuple pour renverser le système existant. »
Conclusion de Juan Branco : sortir des pièges et reconstruire
Face aux accusations de « rouge-brun », il rappelle l’arc des Gilets jaunes – de l’antifascisme au royalisme – et son propre rôle de défenseur de figures du mouvement. Il refuse l’enfermement dans les clivages identitaires ou sociétaux : « Mon enjeu, c’est de permettre à la France de retrouver sa souveraineté et à sa population de se développer dans une direction souveraine. »
Candidat hors système, Juan Branco présente sa démarche comme un « exercice d’humilité » : écouter la ruralité, construire avec les 27.000 membres du mouvement « les Ruches » un projet citoyen de 300 propositions. « C’est le plus beau rituel que la République ait fécondé », conclut-il. Un appel à la reprise de contrôle populaire avant que l’« astre mort » n’emporte le pays avec lui.


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