Un acte de souveraineté qui fait trembler Washington
Le 8 mars 2026, l’Assemblée des experts iranienne a nommé Mojtaba Khamenei, fils du regretté Ayatollah Ali Khamenei tué dans des frappes américano-israéliennes, comme nouveau Guide suprême de la République islamique.
Cette décision, prise conformément à la Constitution iranienne, est un acte pur de souveraineté nationale au cœur d’un conflit armé ouvert.
Elle intervient après des semaines de chaos où les États-Unis et Israël ont mené une campagne militaire intense baptisée « Operation Epic Fury ». Au lieu de respecter ce choix interne, le président américain Donald Trump a immédiatement réagi avec une virulence rare : « Khamenei’s son is unacceptable to me. We want someone that will bring harmony and peace to Iran… I have to be involved in the appointment. » (Le fils de Khamenei est inacceptable à mes yeux. Nous voulons quelqu’un qui apporte l’harmonie et la paix à l’Iran… Je dois être impliqué dans cette nomination.).
Dans des interviews accordées à Axios et ABC News, Trump a été encore plus explicite : « He’s going to have to get approval from us. If he doesn’t get approval from us, he’s not going to last long. » Il a comparé la situation à celle du Venezuela, où, selon lui, il avait personnellement influencé les choix de dirigeants. « They are wasting their time. Khamenei’s son is a lightweight » (Ils perdent leur temps. Le fils de Khamenei est un incapable.), a-t-il ajouté,
sous-entendant que Washington se réserve le droit de veto sur la succession politique d’un pays souverain de 90 millions d’habitants.
Cette déclaration n’est pas une simple boutade de campagne : elle révèle une mentalité impérialiste profonde, celle d’une superpuissance qui se croit autorisée à dicter qui peut ou ne peut pas gouverner ailleurs dans le monde.
Cette posture n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une longue tradition où les États-Unis, et parfois leurs alliés européens, s’arrogent le rôle de juge suprême des nations. Le peuple iranien, pourtant en première ligne des souffrances causées par les sanctions et les bombardements, voit ses institutions constitutionnelles foulées aux pieds par des déclarations venues de Washington. Au nom de la « démocratie » et de la « paix », on impose en réalité un droit de regard qui nie la volonté populaire et les processus internes.
L’impérialisme américain ne se contente plus d’intervenir militairement ; il prétend désormais superviser les successions politiques comme un suzerain d’un autre âge.
La réponse de la Chine : un rappel cinglant à la souveraineté
Face à cette arrogance, la réaction de Pékin a été immédiate et ferme. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a déclaré lors d’une conférence de presse le 9 et le 10 mars 2026 : « La décision a été prise par la partie iranienne conformément à sa Constitution. » Il a ajouté que la Chine « s’oppose à toute ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays sous quelque prétexte que ce soit » et qu’elle « respecte la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Iran ». Pékin a explicitement rejeté toute tentative de cibler le nouveau Guide suprême, qualifiant les menaces américaines et israéliennes d’inacceptables (voir ici et ici).
Ce positionnement n’est pas seulement diplomatique : il marque la fin d’une époque où les États-Unis pouvaient impunément décider du sort des nations.
La Chine, en invoquant le droit international et la non-ingérence, défend non seulement l’Iran mais l’ensemble du Sud global. Elle rappelle que les peuples ont le droit de choisir leurs dirigeants sans aval de la Maison-Blanche. Cette réponse résonne comme un coup de semonce : l’ordre unipolaire américain, où Washington nommait ou destituait les leaders à sa guise, est en train de s’effondrer. Les BRICS et les puissances émergentes ne tolèrent plus que l’Occident se comporte en maître du monde.
L’Europe, quant à elle, reste étrangement silencieuse ou complice. Aucune condamnation forte n’est venue de Bruxelles ou des capitales occidentales.
Au contraire, certaines déclarations européennes reprennent en écho le narratif américain, justifiant les interventions au nom de la « sécurité » ou des « droits de l’homme ». Cette complicité révèle un impérialisme partagé : les États-Unis mènent la charge, l’Europe fournit le vernis légal ou logistique via l’OTAN. Ensemble, ils pensent encore pouvoir imposer leur vision du monde, au mépris des peuples qui subissent les conséquences : pauvreté, instabilité, migrations forcées.
L’impérialisme américain : une persistance décennale qui ignore les peuples
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont multiplié les ingérences, souvent sous des prétextes humanitaires ou sécuritaires. On recense des centaines d’interventions militaires ou clandestines : renversements de gouvernements légitimes, soutiens à des coups d’État, sanctions économiques dévastatrices. L’objectif ? Non pas la démocratie, mais le contrôle des ressources, des routes commerciales et des orientations politiques. Le peuple devient une variable secondaire ; ce qui compte, c’est que le dirigeant choisi à Washington serve les intérêts de Wall Street ou du Pentagone.
En 1953, la CIA orchestre l’opération Ajax pour destituer le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh, coupable d’avoir nationalisé le pétrole. On installe le Shah, un régime autoritaire qui sert les intérêts pétroliers américains. En 1954, au Guatemala, même scénario : Jacobo Árbenz est renversé pour protéger la United Fruit Company. Des dizaines d’exemples similaires jalonnent l’histoire : Indonésie en 1965, Chili en 1973 avec Pinochet, Nicaragua avec les Contras.
Chaque fois, le discours officiel parle de « liberté » ; la réalité est celle d’un impérialisme qui impose ses pions, quitte à plonger des nations entières dans le chaos.
Les années 2000 n’ont rien changé : Irak 2003 sur de faux prétextes d’armes de destruction massive, Libye 2011 où l’intervention OTAN transforme un pays stable en terrain de milices et d’esclavage. Chaque fois, les peuples paient le prix fort : centaines de milliers de morts, économies ruinées, sociétés fracturées. L’impérialisme américain ne respecte ni la souveraineté ni la volonté populaire. Il pense que le monde lui appartient et que les chefs d’État doivent obtenir son « approbation » pour durer.
Le Venezuela : laboratoire de l’ingérence et des souffrances imposées
Le parallèle avec le Venezuela est saisissant. Là aussi, Washington a tenté de choisir le dirigeant à la place du peuple. Reconnaissance unilatérale de Juan Guaidó en 2019, sanctions pétrolières dévastatrices qui ont fait chuter le PIB par habitant de 62 % et la production de pétrole de 75 %, blocus naval, menaces d’invasion. L’opération a culminé avec la capture de Nicolás Maduro en janvier 2026 sous prétexte de narcotrafic. Trump s’est même vanté d’avoir « personnellement impliqué » dans les choix de succession.
Le résultat ? Un pays ruiné, une population plongée dans la misère, des millions de réfugiés. Jeffrey Sachs, économiste de renom, a dénoncé devant le Conseil de sécurité de l’ONU cette violation flagrante de la Charte des Nations unies. Il a rappelé que l’article 2(4) interdit l’usage de la force ou la coercition contre l’intégrité politique d’un État. Les sanctions, les opérations de renseignement, le gel d’actifs : tout cela constitue une guerre économique illégale qui fait souffrir le peuple ordinaire. Sachs a averti : sans condamnation, l’ONU perdra toute crédibilité et le monde basculera dans l’anarchie des grandes puissances.
L’« équipe Amérique » est de retour, mais sans stratégie à long terme. On destitue, on impose un leader fantoche, puis on laisse le chaos s’installer. Pas de plan Marshall, pas de reconstruction : seulement l’exploitation des ressources (pétrole, or) au profit des multinationales. Le peuple vénézuélien, comme tant d’autres, paie le prix de cette arrogance. L’impérialisme américain transforme les nations en terrains de jeu géopolitique, au détriment des vies humaines.
Marco Rubio et la nostalgie de l’empire occidental
Au forum de Munich, Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a lâché le morceau : « L’Amérique va restaurer l’empire occidental… avec ou sans vous. » Il a regretté la fin des « cinq siècles de glorieux empires occidentaux » et appelé l’Europe à suivre Washington ou à être reléguée au rang de pion jetable. Plus question de multipolarité : on revient à l’unipolarité des années 1990, où les États-Unis décidaient seuls du sort du monde.
Cette déclaration expose crûment la mentalité impérialiste. L’Europe, affaiblie et dépendante, est sommée de s’aligner. Les élites européennes, souvent compromises, acceptent cette hiérarchie humiliante. Ensemble, États-Unis et Europe pensent pouvoir continuer à nommer ou destituer les dirigeants : en Iran aujourd’hui, au Venezuela hier, ailleurs demain. Le peuple n’a pas voix au chapitre ; seule compte la fidélité à l’empire.
L’arrogance navale : les États-Unis, police autoproclamée des mers
Cette mentalité s’étend aux océans. Les États-Unis se comportent en « police autoproclamée des mers », saisissant des pétroliers vénézuéliens en eaux internationales, imposant des blocus, menaçant le détroit d’Ormuz. Ces actes violent la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Ils visent à contrôler les flux énergétiques et à punir les nations récalcitrantes. L’arrogance menace la paix mondiale : confrontations en mer de Chine, risques d’escalade avec la Russie et la Chine.
L’impérialisme ne se limite plus à la terre : il veut dominer les routes maritimes et, par extension, les économies et les politiques intérieures. Le message est clair : obéissez ou nous coupons vos approvisionnements. Les peuples, encore une fois, subissent les hausses de prix, les pénuries, l’instabilité.
L’Europe complice : un impérialisme à deux têtes
L’Europe n’est pas spectatrice. Via l’OTAN, elle a participé à la plupart des aventures américaines : bombardements en Yougoslavie, Libye, Syrie. Elle impose des sanctions alignées sur Washington, même quand elles affament des populations. À Bruxelles, on parle de « valeurs » pour justifier ce qui n’est que la poursuite d’intérêts géopolitiques.
L’Europe, junior partner, accepte que les États-Unis décident pour elle et pour le reste du monde.
Cette complicité aggrave l’arrogance collective : l’Occident pense encore pouvoir imposer ses dirigeants fantoches partout.
Vers le réveil des peuples : la fin de l’impérialisme ?
L’affaire iranienne marque un tournant. L’Iran a osé défier Trump. La Chine a posé les limites. Le Venezuela résiste encore malgré les coups. Partout, du Sud global à l’Europe de l’Est, les peuples rejettent cette tutelle. Les BRICS proposent une alternative : respect de la souveraineté, non-ingérence, coopération égalitaire.
L’impérialisme américain et européen, en pensant dicter les chefs d’État, provoque son contraire : un monde multipolaire où les nations reprennent leur destin en main.
Les peuples ne veulent plus être des pions. Ils veulent choisir leurs dirigeants librement, sans approbation de Washington ou de Bruxelles.
Un avertissement pour l’Occident
Trump peut menacer tant qu’il veut : le nouveau Guide suprême est en place. La Chine veille. L’histoire montre que l’arrogance impériale finit toujours par se briser sur la volonté des peuples. Les interventions au Venezuela, en Irak, en Libye ont laissé des ruines et des haines durables. En Iran, le scénario risque de se répéter.
L’Occident doit choisir : respecter la souveraineté ou affronter un soulèvement global. Les peuples ne tolèrent plus que des puissances étrangères décident qui les gouverne. L’ère où l’Amérique et l’Europe s’arrogeaient ce droit touche à sa fin. L’Iran d’aujourd’hui en est le symbole éclatant.


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